L'écriture selon Axelle Moanda

Le Labo de l’édition propose tout au long de l’année un programme d’ateliers d’écriture où interviennent écrivains, créateurs, innovateurs et professionnels de l’édition et du numérique. Accessibles au plus grand nombre, ces ateliers offrent des outils et méthodes innovantes pour stimuler la créativité et proposent une nouvelle vision de l’écriture. Axelle Moanda, autrice du roman "Ceci n'est pas un roman d'amour" et fondatrice de La Plume en Question, nous donne ses éclairages sur les évolutions de la littérature et du statut de l’écrivain.

 

En tant que chargée de projets culturels spécialisée en littérature, j’ai la chance et le plaisir de rencontrer des auteurs et surtout des auteurs en devenir comme j’aime à les appeler.

Certains ont eu la chance d’être édité, d’autres pas. Ils viennent à nos ateliers afin d’en savoir plus sur le secteur, pour se professionnaliser, et surtout pour échanger.

Nombreux sont ceux qui savent qu’être édité aujourd’hui est devenu difficile. Il y a de nombreux appelés et peu d’élus. Pourtant ils écrivent. Pour reprendre la formule de Grégoire, auteur de théâtre ; « ils remplissent des pages et vident des stylos. »

Lorsque l’on voit les chiffres (Gallimard en reçois 8 000 par an, au Seuil on reçoit 3500 pour 50 publications annuelles en littérature française) il y aurait de quoi se décourager. Pourtant, ils écrivent.

Vous me direz que tous ne veulent pas être édités et vous avez raison. Cependant, de par mon expérience je peux vous affirmer que rares sont ceux qui refuseraient un contrat avec une maison d’édition.

Revenons à notre question. Pourquoi écrivent-ils ?  N’étant pas omnisciente, j’ai fait simple. Je leur ai posé la question.

Pour se lancer dans l’écriture, il faut avoir une idée, une histoire, un fait divers qui les inspire et qu’ils souhaitent raconter.

Avec leurs écrits, ils espèrent changer le monde qui les entoure, donner leur vision, montrer l’humanité telle qu’elle est.

Ils écrivent pour les autres ; pour partager avec les lecteurs, éveiller des sentiments.

Ils écrivent pour eux, pour se raconter, se détendre, s’évader, pour oublier,  parce qu’ils en ont besoin, parce que c’est leur oxygène.

Ils écrivent pour vivre.

Parce que comme le pommier fait des pommes, ils racontent des histoires qu’elles soient réelles ou inventées.

La liste est encore longue mais je vais m’arrêter ici, l’essentiel ayant été dit. Pour toutes ces raisons, nous ne connaîtrons jamais de pénuries de livres.

Il est cependant fort possible qu’ils ne soient plus publiés chez les grandes maisons d’éditions trop sollicités et trop inaccessibles. D’autant plus que des alternatives s’offrent à eux ; tenir un blog par exemple. Par ailleurs, des sites comme wattpad, we love words, Scribay, constituent des passerelles entre les auteurs en devenir et des lecteurs. Enfin, ceux qui le désirent s’auto-éditent. Cela demande une implication importante mais l’auteur est libre et maîtrise tout le processus ; de la détermination du prix, au marketing et à la communication..

Mais avant d’en arriver à ce stade, il faut commencer par écrire. Si cela vous tente, venez participer à nos ateliers !