Hackathon Presse & IoT – Retours d’expérience

Les 11, 12 et 13 décembre 2015 s’est déroulé au Labo de l’édition un hackathon sur le thème de la presse et des objets connectés, en partenariat avec le Digital Publishing InstituteHPMicrosoftArjowigginsAdsp.. Une occasion d’explorer les possibilités offertes par l’IoT, autour de contenus mis à disposition par les éditeurs partenaires de l’évènement : Le MondeLes EchosLe Parisien et L’Equipe.

De ce week-end entier de collaborations entre développeurs, acteurs du secteur de la presse, graphistes et créatifs, sont nés trois projets que nous vous proposons de découvrir à l’occasion de la restitution du hackathon Presse & IoT au salon Créativ’ Cross-Média les 9 et 10 février 2016 ! En attendant l’évènement, nous vous suggérons ici un bref aperçu de ces créations inédites ainsi qu’une synthèse des témoignages des participants au hackathon des 12 et 13 décembre :

 

M Cube – M Le Magazine du Monde

 
hackathon presse médias
 

M Cube, un projet de magazine connecté reposant sur la technologie NFC, permettant au lecteur de partager et d’archiver des articles, ainsi que d’accéder à des contenus additionnels en ligne. A partir des contenus de M Le Magazine du Monde.

 

Pee we

hackathon presse médias

 

Pee we, un réseau d’imprimantes connectées permettant à l’utilisateur d’acquérir rapidement sur papier et dans les endroits publics du contenu médiatique personnalisé en fonction de ses préférences. Contenu multi-source.

 

Les Velus – L’Equipe

 
 

Les Velus, un projet de dispositif connecté destiné à enrichir l’expérience du live lors des rencontres sportives en exploitant les flux de données fournis par L’Équipe.fr, afin de signaler en direct les évènements majeurs d’un match à l’aide d’une ampoule connectée, ou encore de partager entre amis les émotions vécues grâce aux APIs de reconnaissance faciale de Microsoft.

Catalyseur de créativité et d’expérimentations collaboratives, le hackathon est le lieu d’une expérience unique qui plonge acteurs de l’innovation et industries traditionnelles au cœur des enjeux de demain. A travers cet évènement, partenaires et participants ont pris la mesure des défis relatifs à l’émergence des objets connectés et à l’évolution de la presse.

 

Retours d’expérience du hackathon

 

IoT, un défi technique

 
 

Pour le directeur artistique de Science et Vie Junior Jean-Philippe Baert, acteur de la presse traditionnelle participant au projet M Cube, l’un des principaux enjeux du hackathon est d’apprivoiser un terrain technique parfois complexe. Frédéric Hosteins, éditeur free-lance, concepteur et rapporteur du même projet, évoque pour exemple les contraintes liées à la réalisation du prototype en l’absence d’un développeur. Selon Nicolas Rodelet, chef de projet responsable du Labo de l’édition, le but du hackathon est d’inciter à entreprendre de manière collaborative et adaptative. L’évènement a été l’occasion de tester des technologies en phase de développement, plaçant les participants au cœur de la problématique technique.

 

L’intelligence collective au service de l’innovation

 

«  Nous avons rencontré des difficultés matérielles quant à la mise en place des imprimantes dans des espaces publics, quant à la réactivité de celles-ci et leur entretien quotidien », note Christina Lumineau, designer du scénario d’usage au sein du projet Pee we. Relever les limites du matériel mis à disposition, c’est parfois lui insuffler une dimension insoupçonnée. L’idée d’étendre les capacités de l’imprimante connectée d’HP pour une mise à disposition dans l’espace public a en effet séduit Laurent Molveau, business developement manager de la société.

 
 

Pour Filipo Guenzi, développeur du projet Les Velus, le défi technique que représente le hackathon est une véritable source d’enrichissement : « L’aide apportée par Jean-Sébastien Dupuy, développeur et ambassadeur de Microsoft, m’a permis de m’initier au développement d’applications Windows Universelles, pouvant être déployées sur tout appareil, dont tout type d’objet connecté, et de prendre en main leur API de reconnaissance des visages et des émotionsCédric Monnier nous a aussi aidés à paramétrer son ampoule connectée à travers l’interface Flamefy ». Selon Nicolas Rodelet, les mécanismes d’intelligence collective sont au fondement des évènements du type hackathon.

 

La question des usages : s’accorder aux besoins du lecteur

« Un autre enjeu était de mettre en place la technologie NFC présente dans les puces papier tout en permettant une expérience numérique qui soit en phase avec les lecteurs du magazine, leurs attentes et leurs habitudes, » note Jean-Philippe Baert. Au-delà des contraintes techniques, les objets connectés posent un défi sur le plan des usages : comment créer un magazine connecté qui suscite l’interaction avec le lecteur traditionnel ?

 
hackathon presse médias
 

Les membres du projet M Cube se sont initiés à la constitution de données qualitatives concernant les lecteurs de M Le Magazine du Monde. L’utilisation de la smart-data présage de nombreuses innovations dans le secteur de la presse. En outre, les contenus personnalisés sont de plus en plus en vogue : en témoignent certains médias comme 20 minutes ou Libération qui testent des canaux inattendus comme Whatsapp pour resserrer le lien avec leur lectorat et toucher de nouvelles cibles.

 

Presse + objets = connectés ?

 

Le but du hackathon était d’interroger la pertinence d’une future conciliation entre l’IoT et la presse. A l’issue de leurs expérimentations, les participants ont tenté de répondre à cette question prospective. Pour l’équipe du projet M Cube, le bénéfice à tirer des objets connectés serait l’enrichissement de l’expérience de lecture, par l’exploitation de la complémentarité des supports. Frédéric Hosteins note l’avantage de la puce NFC qui permet de générer des data : elle est ainsi l’une des premières voix d’accès aux données des lecteurs papier.

Le projet Pee we repose en grande partie sur cet approfondissement de la relation avec les lecteurs. « L’intérêt des objets connectés pour la presse, c’est la possibilité de mieux connaître ses lecteurs grâce à tous les indicateurs et données que les objets peuvent récupérer. Cela permet aux rédactions d’apprendre automatiquement des usages des lecteurs et de leur proposer des services/offres adaptées. Pour cela la notion d’instantané est très importante. », note Christina LumineauYohan Reversat corrobore le discours de sa partenaire : « Le projet Pee we, me semble-t-il, répond à un fort besoin du lecteur: lire du contenu papier, qualitatif, multi sources, mieux adapté à ses centres d’intérêts et à son mode de vie (par exemple, à la durée de ses phases d’attentes quotidiennes). ».

 
 

Si ce nouveau format personnalisé remet en cause l’idée même de ligne éditoriale, c’est peut-être selon Yohan Reversat le chemin vers une nouvelle manière de penser la production de l’information. Avec une telle évolution, les médias seraient moins des producteurs de contenus que des services d’information destinés aux lecteurs. « Les médias sont-ils prêts à mettre à disposition leurs contenus pour les voir diffusés dans des contextes extérieurs à leur édition traditionnelle ? », questionne Christina Lumineau. Selon elle, il faudrait que la presse accepte de bousculer ses fondements.

Pour Eric Kalasz, les objets connectés sont de merveilleux outils pour créer de nouveaux usages autour des programmes sportifs. APIs de reconnaissance faciale et vocale et ampoule connectée ont permis à l’équipe fonder leur projet sur l’émotion et la passion qui entoure les jeux sportifs.

 

Des enrichissements professionnels et personnels

 

Pour Jean-Philippe Baert, le hackathon a été une véritable passerelle vers l’environnement numérique et l’innovation dans la presse : « en tant qu’acteur de ce secteur, il est nécessaire pour moi de continuer à acquérir une connaissance fine du monde digital. Cela m’a permis de mieux comprendre comment me repositionner professionnellement. ». Pour les entrepreneurs, le hackathon est l’occasion de se confronter à des enjeux inexplorés et de faire des rencontres. Yohan et Christina viennent de créer leur startup Laplikili, un projet de livre augmenté pour les enfants, actuellement en résidence au Labo de l’édition. « J’ai découvert le monde de la presse et ses problématiques, qui rejoignent en quelques points celles de Laplikili. J’ai aussi découvert des technologies comme celle d’Arjowiggins qui peuvent m’être utiles pour mon projet. Sur le plan personnel, de belles rencontres et une expérience en travail de groupe très réussie grâce à la diversité des profils. », note Christina.

 

Restitution du hackathon au Salon Créativ’ Cross-Média

 
 

Les objets connectés dans le cross-média de la Presse : restitution du hackathon du Labo de l’Édition

Animé par Nicolas Rodelet, responsable des incubateurs Labo de l’édition et Nouveaux Médias – Paris&co

Le 9 février 2016 de 12h15 à 13h15 

Salle Napoléon

Inscription