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Résidence d'écrivain au Labo de l'édition : Interview de Ronan Le Breton

#Évènement

Grâce au soutien de la Région Ile-de-France qui développe une politique de livre forte, le Labo de l’édition accueille en résidence l’auteur Ronan Le Breton pour son projet d’écriture « Pulp Littérature Remix », un projet de réinvention des classiques du XIXème siècle à la sauce culture pop.

La Région Ile-de-France recentre depuis 2017 ses efforts pour une politique du livre plus ambitieuse au bénéfice de tous les Franciliens et de tous les territoires : aide accrue à la création littéraire, intensification du soutien économique au secteur, développement des projets en grande couronne… Le Labo de l’édition prend part à cette politique culturelle régionale par son soutien aux auteurs et aux nouvelles formes de création littéraire.

Parmi le dispositif livre et lecture mis en place par la Région, le programme de résidences d’écrivains permet d’associer un auteur à un lieu, dans une dimension d’aide à la création littéraire et d’action culturelle. L’aide vise à favoriser une relation vivante des habitants à la création littéraire tout en permettant le projet d'écriture propre à l'auteur. Dans ce cadre, le Labo de l’édition accueille de janvier à juin Ronan Le Breton, scénariste de BD et auteur interactif, pour son projet « Pulp Littérature Remix », un projet de réécriture de classiques du XIXème siècle à la sauce culture pop qui vivra sur le web via le réseau social d’écriture Wattpad et en ateliers avec des lycéens.

L’auteur nous décrit son parcours, son projet et en cours et sa vision de l’écriture à travers une interview :

 

 

 

-          Peux-tu nous décrire rapidement ton parcours d’écrivain ?

Je viens de l’écriture amateur. C’est la passion et la pratique du jeu de rôles qui m’ont donné envie, à l’adolescence, de créer et raconter des histoires : la biographie de mon personnage, des scénarios et des univers de jeux. Puis, quand j’ai décidé, encore étudiant, d’en faire mon métier, je me suis mis à lire des livres d’écriture et de scénario (de film).

Ma première publication fut un livre-dont-vous-êtes-le-héros. J’ai continué à multiplier d’autres missions d’écriture interactive, mal payées. Jusqu’au jour où j’ai signé mon premier contrat BD. J’ai fait que de la BD pendant des années.

C’est en 2012, alors que le sujet du numérique me travaillait, que j’ai eu envie d’essayer autre chose : une autre manière d’écrire, un autre support, un autre public. J’ai suivi un stage d’initiation au transmédia, financé par la région Ile-de-France. C’est à ce moment qu’on m’a également embauché pour travailler dans le jeu vidéo. Je me suis alors investi dans ces nouvelles expériences de narration : digitales, interactives, sociales, ludiques.

 

 

-     Parle-nous de ton projet d’écriture. Pourquoi avoir choisi la réécriture de classiques façon culture pop ?

 

Parce que j’adore jouer avec les codes de genre. Et j’adore jouer avec le répertoire : le repenser, le détourner. Il y a clairement dans ce projet (Pulp Littérature Remix) une dimension ludique. Se faire plaisir, donner envie. Envie de (re)découvrir les classiques.

La littérature classique n’est pas une langue morte comme le grec. C’est un organisme qui vit bien au-delà des 70 ans après la mort de son auteur. La littérature classique n’est pas un objet qu’on conserve dans un musée. C’est une matière brute qui ne demande qu’à être remodelée, réinventée.

 

 

-          Peux-tu nous parler de ta vision de l’écriture aujourd’hui ?

 

C’est mon point de vue personnel. Chaque auteur se construit son propre parcours et partant, sa vision de l’écriture. D’abord, l’écriture est pour moi indissociable de la narration. Je suis un auteur de fiction. J’imagine des histoires. Ensuite, cette écriture narrative est à un carrefour. L’importance croissante du numérique et ces potentialités influent sur mon travail : les outils, les formats, les publics, les supports, les diffuseurs… C’est pour ça que j’ai ouvert mon blog sur le sujet de la narration à l’ère numérique.

Même si le livre papier a encore de beaux jours devant lui, surtout en France, je pense qu’on assiste à la fin de l’ère Gutenberg. Doucement mais inévitablement, on passe de la page à l’écran.

Et plutôt que d’observer ce phénomène, je souhaite en faire partie. Tenter, expérimenter, faire quitte à se planter. On apprend autant de ses succès que de ses échecs.

 

 

-          Pourquoi as-tu choisi le Labo de l’édition comme lieu de résidence ?

Le Labo de l’édition est une évidence. Parce que cela fait un moment que je connais le lieu et l’équipe. Le courant passe très super bien. On a plein de points communs. Le Labo de l’édition est le centre qui accompagne l’édition à l’ère du numérique. Mon projet de création consiste à expérimenter l’écriture de roman à l’ère du numérique, en y intégrant les problématiques du web 2.0 (community management, accès libre, dimension sociale et participative). Ce projet de création n’aurait pas pu se faire ailleurs.

 

 

-          Pourquoi as-tu proposé de travailler avec des lycées ? Comment se déroule cette expérience ?

 

J’ai choisi les lycéens parce que mon thème : la littérature classique, principalement le registre réaliste et naturaliste, est étudié au lycée. Surtout en seconde. Et comme le parcours en seconde est dénué d’enjeu académique impératif (pas d’épreuve de bac), il est plus facile de leur proposer des ateliers ludiques et décalés.

Ça se passe très bien. Les élèves réagissent positivement à la proposition. On leur permet de faire entrer dans la classe et dans l’heure de cours des éléments de leur culture extra-scolaire (TV, BD, cinéma, jeux). C’est ludique et valorisant.

Dans le cadre de cette résidence, des masterclass sur le rôle et la figure de l’auteur à l’ère du numérique seront également dispensées par Ronan Le Breton chaque mois au Labo de l’édition. En savoir plus

 

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